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Les récits

Paris, une minute à la fois.

Chaque lieu de CULTURUN a son récit : une histoire vraie, écrite à partir de sources vérifiées et lue en une minute environ. Dans l'app, elle se lance quand vous passez devant en courant. En voici 8, à écouter ici, avec leur texte.

Tour Eiffel

Tour Eiffel

Pas faite pour durer

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Cette tour au-dessus de toi n'a jamais été prévue pour durer. On la construit en deux ans à peine, pour l'Exposition universelle de 1889, cette grande vitrine où chaque pays vient montrer ce qu'il sait faire. Et la France, cette année-là, a quelque chose à célébrer, puisque c'est le centenaire de la Révolution. Alors Gustave Eiffel lui donne trois cents mètres, une hauteur que personne n'avait jamais atteinte, si bien qu'elle devient le plus haut monument du monde. Mais cette prouesse ne plaît pas à tous, et des artistes protestent contre ce qu'ils prennent pour une horreur de fer plantée dans Paris. Mais les visiteurs, eux, l'adorent dès qu'ils la voient. Elle devait être démontée après l'Exposition… et elle est toujours là.

Notre-Dame

Notre-Dame

Sauvée par un roman

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Cette façade devant toi a bien failli ne jamais tenir jusqu'à aujourd'hui. Tout commence en 1163, quand l'évêque Maurice de Sully décide de bâtir une cathédrale plus grande que tout ce que Paris avait vu. Mais six siècles plus tard, elle tombe en ruine. Au dix-neuvième siècle, la pierre est si abîmée que la ville envisage de la démolir. Et c'est un livre qui la sauve. Victor Hugo écrit son roman, Paris se prend d'affection pour cette pierre qu'il allait perdre, et on restaure au lieu de démolir. Le temps passe ensuite, presque tranquille, jusqu'à l'incendie de 2019 qui dévore sa charpente et sa flèche. En décembre 2024, elle a rouvert ses portes au public… toujours DEBOUT.

Catacombes de Paris, Paris 14ème

Catacombes de Paris · 14ème

Six millions de Parisiens

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Sous tes pieds, à vingt mètres de profondeur, s'étendent d'anciennes carrières devenues un ossuaire. Au dix-huitième siècle, le cimetière des Innocents déborde depuis des siècles d'inhumations, et ses relents empoisonnent le quartier. En mai 1780, un mur cède sous le poids des ossements accumulés, si bien que la ville ferme le cimetière pour de bon. La solution vient d'une carrière abandonnée, hors des limites de Paris à l'époque. On y transfère les os dans le calme du soir, précédés de prêtres chantant l'office des morts. Le transfert commence fin 1785. Puis il se poursuit par étapes, jusqu'en 1861. Environ six millions de Parisiens reposent ainsi ici, sous les rues que tu traverses en courant.

Arc de Triomphe

Arc de Triomphe

La promesse de Napoléon

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Cet arc au-dessus de toi, Napoléon l'a promis à ses soldats. Après la bataille d'Austerlitz, sa plus grande victoire, il leur lance qu'ils ne rentreront chez eux que sous des arcs de triomphe. Alors, en 1806, il ordonne d'en bâtir un à Paris, pour que l'armée défile dessous comme les Romains le faisaient. L'architecte Jean-François Chalgrin dessine ce tétrapyle, un arc à quatre faces largement ouvert, ici à la place de l'Étoile. Mais le chantier traîne, si bien que l'Empereur ne verra jamais son arc fini. C'est Louis-Philippe, un roi qui n'a rien à voir avec Napoléon, qui l'achève en 1836, trente ans après le décret. Aujourd'hui, cet arc que tu regardes commémore les victoires françaises, quel que soit le régime qui l'a construit.

Musée du Louvre

Musée du Louvre

Un donjon oublié

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Cette cour que tu longes cachait autrefois une forteresse, pas un musée. Sous cette cour, il y a huit cents ans, se dressait un château fort avec ses fossés et ses tours. Au centre régnait un donjon massif, que Philippe Auguste avait fait bâtir pour surveiller la Seine. Il a tenu jusqu'à ce que vienne François Ier, le roi qui préférait les tableaux aux batailles. Alors ce roi fit abattre le mur du château, puis l'architecte Pierre Lescot dressa à sa place une aile claire, presque italienne. Le donjon a fini par disparaître, mais le palais qui l'a remplacé, lui, a traversé les siècles. En 1793, en pleine Révolution, ce même palais devient le musée du peuple. Et il en reste aujourd'hui le plus grand… du monde entier.

Sacré-Cœur

Sacré-Cœur

Un sanctuaire pour racheter

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Regarde ce dôme blanc au-dessus de toi… il domine Paris depuis le sommet de Montmartre. Il culmine à quatre-vingt-trois mètres, et par temps clair, on le voit depuis presque tout Paris. Mais l'histoire commence loin d'ici, en 1870, quand la France perd la guerre contre la Prusse. Pour beaucoup, cette défaite est vécue comme une punition. Un vœu naît alors dans les milieux catholiques, celui de bâtir un sanctuaire pour racheter le pays. L'Assemblée nationale vote la loi qui autorise le projet en 1873. Deux ans plus tard, l'archevêque de Paris pose la première pierre. L'architecte Paul Abadie dessine cette basilique aux dômes ronds, dans un style qu'on n'avait jamais vu à Paris. Depuis cette colline, elle veille sur la ville qu'elle devait consoler.

Panthéon, Paris 5ème

Panthéon · 5ème

Le vœu d'un roi

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Ce dôme au-dessus de toi devait juste couvrir une église, pas abriter des tombes. En 1744, le roi Louis XV tombe gravement malade à Metz, et il croit sa dernière heure venue. Puisqu'il redoute la mort, il fait vœu de bâtir une église pour sainte Geneviève. Il guérit, et il tient parole : les travaux commencent en 1758, sur le terrain du jardin de son abbaye. Mais la Révolution éclate avant la fin du chantier, et elle change tout. Alors que l'église n'est pas encore consacrée, elle devient en 1791 un mausolée pour les grands hommes. Sur son fronton, on grave depuis une devise : « Aux grands Hommes, la Patrie reconnaissante ». Voltaire, Rousseau, Hugo, Marie Curie reposent aujourd'hui sous cette voûte promise à une sainte qu'ils n'ont jamais vue.

Centre Pompidou, Paris 4ème

Centre Pompidou · 4ème

Les tuyaux à l'extérieur

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Regarde ce bâtiment aux tuyaux colorés, juste devant toi… en 1969, ici, il n'y avait qu'un îlot insalubre qu'on venait de démolir. Cette année-là, Georges Pompidou est élu président, et il rêve d'un musée d'art moderne sur ce terrain vide. Mais en février 1970, il décide d'y ajouter une bibliothèque publique, si bien que les deux projets fusionnent en un seul. Un concours international s'ouvre alors, et un jury choisit en 1971 le projet de Renzo Piano et Richard Rogers. Leur idée choque une partie de Paris : mettre les tuyaux et les structures à l'extérieur, comme une usine retournée. La construction dure de 1971 à 1977, et le centre ouvre enfin ses portes. Depuis ce jour de janvier 1977, ce bâtiment retourné veille sur Beaubourg, et il n'a jamais cessé de diviser.

Photos :

Près de deux cents autres vous attendent dans Paris.

Dans l'app, elles se lancent toutes seules, en courant, à votre passage. Pas d'écran à regarder.